Ce samedi 28 mars 2015 était organisée la coupe de France féminine à Valence par le club local et la structure Handisport départemental. L’organisateur, le HC Valence tentait pour la première fois une telle manifestation pour notre discipline et ce, sans pratique par des sportifs en son sein mais bien décidé à la développer. Ce premier essai a été transformé avec succès . Il faut féliciter et remercier toutes les personnes qui ont participé à mettre au point ce projet et il ne reste qu’à espérer que le Torball puisse naître et s’implante de façon pérenne dans cette région.

Toutes les équipes ont apprécié l’ensemble du cadre compétitif (hébergement, restauration et gymnase) ainsi que l’accueil. Une petite inovation dans nos organisations de Torball s’est déroulée juste avant le début des matchs : une cérémonie d’ouverture avec des officiels représentants les pouvoirs publics. On peut donc sincèrement regretter pour l’image du Torball le faible nombre de participants : sept équipes inscrites dont l’une d’elles (H Yzeure) qui déclare forfait quelques jours avant la compétition).

Le planning n’ayant pu être modifié à temps pour le début des matchs, c’est sur une phase de qualification à 7 que les 6 formations féminines se retrouvaient le matin de ce 28 mars. Heureusement pour l’intéret de cette deuxième compétition officielle de Torball, des surprises bonnes et mauvaises allaient survenir lors de cette journée venant troubler quelque peu l’ordre établi en championnat même si le leader reste incontesté.

Dans les mauvaises surprises, on compte la nette contre-performance niçoise du jour. Cette équipe qui en championnat semblait progressivement prendre du volume en proposant un jeu travaillé, n’a jamais réussi à trouver ses marques pendant cette journée et plus particulièrement en attaque. Si les Niçoises débutent bien leur compétition en arrachant leur seule victoire contre des Parisiennes en rôdage, les défaites qui se succèdent ensuite sont nettes et ne prêtent à aucune discussion. Il faut espérer que pour ce club, cette journée soit un accident dans la saison. La seconde mauvaise surprise vient des Lyonnaises qui ont connu une bien délicate Coupe de France. A la différence avec le club de la Côte d’Azur, le CS AVH Lyon n’a pas subi que des défaillances techniques mais des événements qui ont perturbé l’équilibre de l’équipe et l’ont entrainé vers la queue de classement. En effet, blessures de joueur et de cadre pendant les matchs n’aident pas à la meilleure des concentrations et ne favorise pas le mental qui fait gagner. Bref, Lyon finit à la hauteur de Nice en nombre de points et sont les deux équipes éliminées des qualifications.

Après les mauvaises, il faut évoquer les bonnes surprises. L’AVH Paris fait partie des deux principales bonnes surprises du jour. En fait, c’est un effectif enfin compétitif qui se présentait sur le terrain mais qui n’avait encore jamais joué ensemble sur des compétitions. Ainsi, le début de qualifications était compliqué mais au fil des matchs, cette formation trouvait ses repères et pouvait espérer tirer son épingle du jeu. Cependant, son début de journée difficile les sanctionnait du fait que les Parisiennes finissaient quatrième des qualifications et donc se retrouvaient opposer en demi-finale contre les premières, les redoutables Clermontoises, qui elles, ne créaient aucune surprise avec 6 victoires en 6 matchs.

Autre surprise satisfaisante, le bon parcours des Mulhousiennes. Habituées à jouer les troubles fêtes en gênant les meilleures par un « jeu à rebonds » toujours difficile à appréhender pour les défenses, la surprise vient dans la constance sur l’ensemble de la compétition. En effet, c’est sur la durée que le Mulhouse TC prend la troisième place du classement et se qualifie pour les demi-finales.

Ces qualifications comme il a déjà été dit ont été dominées logiquement par le CAH Clermont-Ferrand. Mais c’est également sans surprise que l’ASSHAV Poitiers prend nettement la deuxième place derrière les Auvergnates. Ces deux équipes arrivaient donc en demi-finales avec un fort avantage psychologique et le statut de favorites.

Si Poitiers confortait le statut de favori en faisant plier le Mulhouse TC, le champion de France en titre allait particulièrement souffrir face à l’équipe de la Capitale.

En effet, les Poittevines bien qu’encaissant 7 buts sur cette demi-finale, ont été particulièrement efficace en attaque en inscrivant 10 réalisations. Certes les Mulhousiennes ont tenté de s’accrocher mais l’offensive du Poitou a fait la différence. Il faut quand même noter qu’en deux matchs, entre qualifications et demi-finale, ces deux équipes se sont marqués 31 buts, ce qui révèle quelques lacunes défensives des deux côtés.

Dans l’autre demi-finale, les filets ont moins tremblé que les supporters et les joueuses. Beaucoup voyaient les Clermontoises mettre la main sur le match et dominer rapidement les Parisiennes. Certainement l’une des plus belles rencontres du jour avec la future finale et pas seulement à cause du suspense. Car du suspense, il y en a eu et à foison. De l’agressivité offensive alliée à une solidité défensive ont été les caractéristiques de ce match. Si les Clermontoises paraissaient par moment pouvoir faire la décision, c’était sans compter la réplique parisienne. C’est tout à fait logiquement que les prolongations se profilaient au fil des minutes. Seul un but en argent pouvait venir départager deux équipes qui ne méritaient pas plus l’une que l’autre de perdre. A ce petit jeu, c’est Clermont-Ferrand qui s’en sort mieux avec ce but marqué lors de la prolongation et qui parvient à conserver ce léger avantage jusqu’à la fin, ce que demande le but en argent à la différence du but en or qui désigne le vainqueur dès sa réalisation.

Les matchs de classement pour les cinquième et sicième places opposaient Nice et Lyon en deux matchs à points. La première de ces rencontres se solde par une égalité et la seconde voit les Lyonnaises l’emporter d’un petit but d’écart. Il faut saluer ici la sportivité et surtout le comportement de ces deux équipes qui ont disputé leurs matchs sans que leur déception ne soit pas trop visible.

La « petite finale » ou match pour la troisième place opposait deux clubs qui l’abordait dans des états d’esprit bien différents. D’une part, les Mulhousiennes bien décidées à aller chercher la troisième place du podium après une journée somme toute assez réussie et d’autre part, des Parisiennes, qui avaient du mal à se remettre de leur courte défaite contre Clermont et d’avoir frôlé la finale de près. Comme d’habitude, le meilleur mental faisait basculer la balance. Les buts se succédaient d’un côté et de l’autre. Si bien que l’on se demandait si une nouvelle égalité n’allait pas de nouveau survenir. Mais sur la fin, les Mulhousiennes certainement plus motivées et volontaires dans la tête arrivaient à marquer ce but qui leur offrait la troisième place de cette coupe de France 2015. Pour les Parisiennes, les désillusions sont difficiles à digérer d’autant plus qu’au moment de la remise des récompenses, le seul classement annoncé par les officiels ne prenait en compte que les trois places du podium comme si les quatrième, cinquième et sixième n’avaient pas défendu leurs chances et n’avaient pas participé à la compétition. On peut comprendre une certaine amertume après les efforts fournis toute la journée.

Cette coupe de France féminine 2015 s’achevait par une finale d’un très bon niveau. Pour faire un beau match, il faut deux adversaires de qualité et ce fut le cas. Une fois n’est pas coutume, l’ASSHAV Poitiers qui souvent ne parvient pas à maintenir son niveau de jeu au plus haut face aux meilleurs, allait faire jeu égal avec des Clermontoises toujours motivées à conquérir de nouveaux titres. Les attaquantes ne parvenaient que difficilement à déplacer et mettre en défaut des défenses à toutes épreuves. Ce match de défense parfois un peu crispé par l’enjeu ne semblait pas pencher définitivement d’un côté. Une nouvelle fois, les Clermontoises disputaient des prolongations dans cette compétition. C’est encore le but en argent qui déterminait le vainqueur de cette finale. Clermont était la première à trouver le point faible de la défense poitevine. Ce maigre avantage avec l’expérience de cette équipe auvergnate se révéla suffisant jusqu’au terme de la mi-temps entamée. Malgré les derniers efforts poitevins pour revenir à la marque, le score ne bougeait plus. Ceux qui avaient cru à l’adage « jamais deux sans trois » pouvaient ainsi se réjouir. En effet, en quatre saisons, trois finales de Coupe de France féminine ont opposé Clermont à Poitiers et c’est la troisième victoire clermontoise. Mais pour la première fois, les Poitevines ont bien plus que résisté à leur adversaire auvergnat, elles ont réussi à le faire douter et cela pourrait bien nous laisser une quatrième édition dans les saisons prochaines avec de beaux échanges en perspectives.

Au-delà de son adversaire, ce troisième titre remporté par le CAH Clermont-Ferrand lui permet de conserver ce trophée que les joueuses ont bien mérité même si ce troisième succès pour obtenir cette coupe a été plus difficile et que par deux fois le but en argent a été nécessaire pour attrapper l’or !

Outre une organisation d’un très bon standing, cette coupe de France féminine 2015 a été intéressante en ce qu’elle a proposé de belles confrontations entre des équipes qui ne jouaient pas d’habitude à ce niveau. Si les formations qui ont connu un « jour sans », ce 28 mars 2015, se reprennent et que tout le monde soit à son meilleur niveau le 20 juin prochain, cela promet un second tour de championnat particulièrement alléchant à Poitiers.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des résultats et classements de cette Coupe de France féminine de Torball à la rubrique « Résultats ». Le prochain rendez-vous Torball sera le 23 mai 2015 pour le début des seconds tours de championnat et plus particulièrement par la division 3 masculine organisée par le CHHA à Aubervilliers (93).