Osez le Torball : un espace de jeu sonore

Historiquement, le Torball est issue d’une rééducation des aveugles de guerre conçue par un médecin allemand en 1945. Il ne prend sa forme sportive actuelle pratiquée essentiellement dans les pays germanophones que vers les années 70 et arrive en France en 1980 par l’Alsace et la Lorraine.

Le Torball est un sport collectif qui se pratique dans un gymnase formant les limites de l’étendue sonore. Les joueurs, quant à eux, peuvent se mouvoir dans un terrain de jeu mesurant 16 m de longueur sur  7 m de largeur.

On trouve à l’intérieur de celui-ci les repères tactiles suivants :terrain torball

– 2 buts fermant la largeur de part et d’autre du terrain, et d’une hauteur de 1m30;

– lors des déplacements sur le terrain, les repérages tactiles, le plus souvent plantaires, se font grâce à 3 tapis de 2 m sur 1 m, placés dans la zone de jeu de chaque équipe. Ce sont des éléments d’orientation très utilisés par les joueurs ;

– enfin 3 ficelles, tendues à 40 cm du sol, espacées de 2 m à partir du milieu du terrain, délimitent l’espace de jeu de chaque équipe. Elles ne doivent en aucun cas être touchées par les joueurs. Elles interdisent les trajectoires hautes du ballon qui ne peut que rouler sous ces ficelles sans les toucher.

Le lancer de cet objet roulant identifié, puisque sonore se fait à la main. L’attaquant utilisant tantôt l’attaque rapide et peu décelable, ou donnant un effet au ballon qui rend sa trajectoire sonore chaotique et…imprévisible.

L’objectif du jeu consiste à marquer un but à l’équipe adverse qui s’y oppose en effectuant un plongeon synchronisé des défenseurs.

Tous les joueurs portent des lunettes opaques. Vous en connaîtrez la raison si vous allez jusqu’au bout de votre lecture.

Vous avez compris que la dimension sonore est prépondérante en Torball. Bien jouer c’est savoir écouter, se concentrer et se rendre le moins décelable possible. Ce qui impose au public de regarder en silence.

Le jeu, alternance d’écoute et de mouvement

L’ATTAQUE

Le joueur qui possède le ballon, suite à une récupération directe sur le terrain, ou à une remise en jeu par le juge de but, peut dans sa phase préparatoire, dans un laps de temps de 8 secondes :

. soit faire une passe à l’un de ses partenaires,

. soit tirer, sous les ficelles, sans les toucher, vers le but adverse.

Il utilise pour son orientation et la définition de ses trajectoires de tir, les côtés latéraux des différents tapis, ainsi que son but.

Son repérage tactile se faisant soit avec les pieds, soit avec les mains.

Il est autorisé à se mouvoir en quelque endroit qu’il soit, dans les limites du terrain, entre son but et la première ficelle.

Plus on se repère vite, plus on a des possibilités offensives variées. Les partenaires et les adversaires servant également de repérages auditifs.

On a également la possibilité de pouvoir tirer aussi bien debout qu’à genoux.

AMPLITUDE ET FLUIDITE

Le tir en Torball s’effectue en bras roulé descendant avec un lâcher de ballon au ras du sol.

On peut utiliser le tir en puissance qui tente de prendre la défense de vitesse, sur les zones sensibles où les pieds et les mains des défenseurs font barrage.

On a aussi la possibilité d’utiliser le tir à rebond, moins en force, mais qui par l’effet donné sur le ballon par la main du tireur provoque, la plupart du  temps, des rebonds chaotiques; donc moins contrôlables pour la défense.

LA DEFENSE

La position d’attente :

ce doit être la préoccupation immédiate du dernier attaquant, qui doit rapidement revenir au sein de sa défense, avant que l’équipe adverse ne maîtrise le ballon.

C’est la première  phase de la défense. Les défenseurs n’ont pas le droit de plonger avant que le ballon n’ait quitté la main du tireur. Ils se doivent donc d’attendre debout ou à genoux.

La position à genoux permet de déclencher rapidement son plongeon. Cette position, dite d’attente, doit respecter certains critères qui sont :

– le joueur doit attendre soit les deux pieds au sol, soit les deux genoux en contact avec le sol,

– mises à part les mains, aucune partie du corps située au-dessus des genoux ne doit toucher le sol.

Les trois joueurs doivent dans un premier temps situer, de façon auditive, où est l’attaquant, et repérer une tentative de déplacement ou de passe.

En fonction de ces informations auditives, ils se déplaceront ensuite à gauche ou à droite afin d’accorder leur plongeon dans l’espace et le temps.

LE PLONGEON

Dés que l’adversaire tire, les trois défenseurs plongent. C’est à partir de la position d’attente que chaque joueur va tenter de synchroniser son plongeon latéral avec celui de ses partenaires. Son corps est allongé avec le plus de rectitude possible, et ses bras et ses jambes sont tendus. Pour bien défendre l’équipe doit former par l’alignement des joueurs les uns à côté des autres, un barrage collectif le plus hermétique possible.

Ils peuvent bloquer le ballon ou simplement le dévier avec toutes les parties du corps. Une fois le ballon maîtrisé, la défense redevient l’attaque.

LA REGLE DU COUP-FRANC ET DU PENALTY

Afin de respecter les principes de jeu, et d’éviter les dérives, certaines fautes sont sanctionnées par un coup-franc ou un penalty. Les plus essentielles sont : le toucher d’une ficelle, plus de 8 secondes pour tirer, une position d’attente incorrecte, un quatrième tir consécutif d’un même tireur.

Le fautif doit quitter le terrain. Ses deux équipiers défendent alors l’ensemble du terrain sur le tir suivant.

La troisième faute est sanctionnée par un tir de penalty. Elle oppose un joueur de part et d’autre. Les deux protagonistes, qu’il soit attaquant ou défenseur, sont situés sur leur tapis central au coup de sifflet de l’arbitre marquant le début de l’action. Ils peuvent ensuite se déplacer sur le terrain comme bon leur semblent.

Quelques points de repère…

Un match se déroule en deux mi-temps de 5 minutes de jeu effectif. Une pause de 2 minutes les sépare, permettant aux équipes de changer de côté.

Chaque équipe peut bénéficier, une  fois par match, d’un temps mort de 30 secondes, ainsi que de 3 changements de joueurs.

La rencontre est dirigée par un arbitre assisté de 2 à 4 juges de buts. Il est aidé d’une table de marque pour la gestion du match.

De part et d’autre de la table de marque, se trouvent les zones d’entraîneurs où prennent place sur des bancs, les remplaçants, l’entraîneur avec un ou deux assistants.

L’entraîneur n’a le droit de communiquer avec ses joueurs qu’aux temps morts et à la mi-temps.

Le Torball, une autre idée du sport collectif

Le Torball est une activité sportive pratiquée en compétition par les aveugles et les amblyopes. Elle est désormais accessible aux voyants, limitée ou non selon le type de compétition (challenge ou open).

L’absence de regard ne limite pas le mouvement ni l’ouverture vers les autres. Changez vos habitudes et osez vous confronter à un jeu où la vision permanente des partenaires et de son corps en mouvement ne sont plus des repères. Prendre le risque de s’affronter à une autre équipe, dans un espace sonore, où toutes les références habituelles sont inadéquates. C’est ce challenge que vous propose de relever le Torball. Alors n’hésitez plus et tentez l’expérience d’une rencontre avec des sportifs qui voient peu ou plus du tout, mais qui saurons vous prouver que la notion d’handicap est très subjective.

Quelques résultats sportifs :

Sur le plan international la France se classe parmi les meilleures nations, avec notamment :

Pour les masculins :

– Un titre de Champion du monde en 1990,

– Une médaille de bronze au Championnat d’Europe en 1991,

– Un titre de Champion d’Europe en 1995,

– Une médaille d’argent au Championnat d’Europe en 1997,

– Une médaille d’argent au Championnat d’Europe en 1999,

– Un titre de Champion du Monde en 2001,

– Une médaille d’argent au Championnat du Monde en 2004.

– Un titre de Champion d’Europe en 2004.

Pour les féminines :

– Un titre de Championne d’Europe en 1993,

– Une médaille d’argent en 1995,

– Une médaille d’argent au Championnat du Monde en 2004.

Pour les clubs français :

– ASAAV Poitiers vice-champion d’Europe des clubs masculin en 1993,

– ASAAV Poitiers Champion d’Europe  des clubs masculin en 1994,

– CSINI Paris Champion d’Europe des clubs masculin en 1997,

– CSINI Paris Champion du monde des clubs masculin en 1998,

– CSINI Paris Champion d’Europe des clubs masculin en 2007,

– AVH Paris Champion du monde des clubs féminin en 2008,

– AVH Paris vice-champion du monde des clubs féminin en 2010,

– ASCND Marseille vice-champion d’Europe des clubs féminin en 2013.