La dernière compétition officielle de la saison 2014-2015 s’est déroulée les 27 et 28 juin à Besançon où le club local organisait la coupe de France masculine. Nous avons assisté à deux exploits en une seule manifestation : un gagnant d’une finale serrée et un organisateur hors normes.

18 équipes étaient présentes pour ce long week-end où la température n’a pas économisé les organismes. 81 matchs étaient planifiés entre le samedi matin très tôt jusqu’au dimanche midi sur deux salles de jeu bien distinctes. Pour arriver en finale, il fallait déjà participer à un tour de qualification où les formations étaient réparties en 3 poules. Les cinq premières étaient qualifiées en huitièmes de finale, un repêchage entre les trois sixièmes de poule devait déterminer la seizième équipe qualifiée.

Le tirage au sort de ces trois poules nous proposait des configurations bien différentes. La poule A était bien réparti entre les quatre divisions nationales. Par contre, la poule B rassemblait un grand nombre d’équipes de l’élite entre la D1 et les meilleures de D2. Elle était à juste titre considérée comme la plus diificile. Enfin, la poule C voyait un grand déséquilibre entre les équipes du haut niveau national et celles les moins bien classées. Seul Brest venait tempérer ces deux extrêmes.

Dans la poule A, logiquement, Poitiers et Clermont s’installaient en tête. Ils étaient suivis par Le Mans qui avait fait un parcours des plus honorables. Grenoble qui une nouvelle fois confirmait de bonnes dispositions prenait la quatrième place. Enfin, Nice à l’effectif bien diminué et Mulhouse se départageaient à la différence de buts pour les dernières places.

En théorie, la poule B devait offrir un spectacle de grande qualité technique. Mais entre les défaillances d’ordre divers de certains joueurs de Lisieux et les absences pour une autre compétition pour Marseille, cette poule ne se révélait pas autant le piège escompté. C’est le champion de D2, Lyon qui sortait en tête accompagné par le COPAA Paris. Derrières et bien détachés arrivaient Tours, Laval et Lisieux dans l’ordre de la différence de buts et à égalité de points. Pour les raisons évoquées plus haut, Marseille fermait la marche.

Le CS AVH 31 Toulouse dominait comme prévu la poule C. Le vice-champion de France était suivi de très près par Besançon et le TC Guyanais qui réalisait un bon début de compétition. Brest talonnait ce trio de tête en assurant les matchs qu’il fallait. En fin de classement, Chaumont parvenait à prendre les deux points contre Nantes pour éviter le tour de repêchage.

L’ASCND Marseille se sortait assez facilement des repêchages devant le Mulhouse TC et le DBT Nantes, et, rejoignait ainsi les huitièmes de finale.

Si l’ASSHAV Poitiers, le COPAA Paris, le CS AVH Lyon, le CAH Clermont-Ferrand, le CS AVH Touraine et Toulouse remportent logiqquement et nettement leur huitième de finale respectif, le promu de D3, Laval, parvient à retourner la tendance contre le relégué de D1, Besançon. La plus grande surprise de ces huitièmes de finale vient des Manceaux qui élimine l’équipe marseillaise qui même diminuée et sortant des repêchages n’enlève en rien au mérite du CS AVH 72 Le Mans.

En quarts de finale, Poitiers ne donnait pas l’occasion aux Lavallois de s’exprimer et se qualifiait pour les demifinales. Toulouse assomait dès les premiers échanges en faisant un large break des Parisiens obligés de courir après le score tout le match sans jamais y parvenir. Tours maintenait sa suprématie contre Le Mans qui pourtant résista longtemps. Le dernier quart opposait Lyon à Clermont et l’affiche fut à la hauteur de la prestation. Un score étriqué mais sans prolongation, ce match remporté par les Auvergnats de justesse écarte les vainqueurs lyonnais du trophée 2014 et doivent leur faire regretter d’avoir aussi un effictif diminué.

Après son élimination en huitième de finale, l’ASCCB Besançon redressait bien la barre et venait s’installer au 9ème rang du classement final. Dans les autres matchs de classement, on peut remarquer que les Brestois sont les seuls à gagner un match de cette coupe de France 2015 au « but en argent ». Il faut noter que Guyanais et Grenoblois en prenant les treizième et quinzième places ne sont pas récompensés de leurs prestations bien réussies le samedi. Enfin, si le CS AVH Lyon prend la cinquième place, il faut souligner les bonnes performances du CST Laval pour sa sixième place et du CS AVH 72 Le Mans pour sa huitième place, le COPAA Paris venant s’intercaler entre les deux.

A propos des Parisiens, on ne peut pas passer sous silence ce geste de sportivité qui a consisté à ne jouer qu’à deux joueurs le match contre Le Mans qui suite à une blessure ne pouvait plus participer qu’à deux. Certes, ce n’était pas la finale mais quand même le match pour la septième place.>

Les demi-finales se déroulaient dès le dimanche matin et sans que les équipes aient un match d’échauffement ce qui a certainement nuit à une totale expression technique et physique. C’est ce que l’on a vu au moins sur le match Poitiers-Tours où les défenses ont pris largement le pas sur les attaques. Chaque équipe attendait l’erreur de l’autre. A ce petit jeu-là, les Poitevins l’ont emporté par une courte victoire 2-0. Rien de spectaculaire mais juste de l’efficacité et le club de Touraine n’a pas grand chose à se reprocher. L’autre demi-finale était plus animée mais voyait surtout la supériorité toulousaine s’exprimer. La victoire de Toulouse ne souffre pas de contestation mais si les Clermontois avaient pu se dégourdir avec un match auparavant, ils auraient sans aucun doute mieux résister. Il faut préciser que ce planning était le résultat de l’exigence du retour assez tôt d’un grand nombre d’équipes conditionnés par les horaires de la SNCF.

La troisième place n’offrait pas plus de suspense que cette deuxième demi-finale. Mais cette fois, c’est Clermont-Ferrand qui dominait et l’emportait largement sur des Touranjeaux bien moins accrocheurs en défense. Ill n’en demeure pas moins que ces deux clubs peuvent s’estimer contents d’avoir réussi une belle coupe de France 2015.

La finale promettait d’être belle. L’équipe de Poitiers se présentait invaincu à ce stade ayant bénéficié d’un parcours qu’elle avait su se rendre plutôt facile. Face aux champions de France en titre, la formation Toulousaine, son dauphin en championnat, venait d’aligner trois victoires d’affilée des huitièmes à la demi-finale sur le même score : 5-1. Tout laissait penser que ce match connaitrait de nombreux rebondissements. La dernière confrontation entre ces deux clubs avait tourné à l’avantage du CS AVH 31 Toulouse. Mais lors de ce second tour de championnat, les Toulousains avaient leur effectif complet et pour cette finale, ils leur manquaient deux éléments de bonne valeur. Cela pouvait ouvrir la porte aux Poitevins. Mais plutôt qu’ouvert, cette finale se révéla assez fermée. Chaque équipe connaît bien les points forts et faibles de son adversaire et cela n’a pas trop incité à prendre des risques. Ainsi, à la mi-temps, Toulouse passe en tête pour un tout petit but marqué. Tout peut encore arriver en seconde période. Après des changements de joueurs pour modifier la configuration de la partie et des échanges, Poitiers parvient à égaliser. La crispation technique se ressent alors encore plus car le match peut basculer dans un sens comme dans un autre. A un peu plus d’une minute de la fin, un tir toulousain met une seconde fois la défense poitevine à défaut et la finale est jouée. Cette courte victoire toulousaine n’en est pas moins belle et méritée. Cette équipe a dominé son sujet du début à la fin de cette coupe de France et seul Besançon a su les battre. Mais l’équipe du Doubs n’a pas fait que cet exploit lors de cette coupe de France.

En effet, le principal exploit pour l’ASCCB Besançon est d’avoir réalisé une organisation remarquable en tous les points. Du vendredi soir au dimanche midi, tout s’est déroulé comme si cette association sportive faisait cela tous les week-ends. De surcroît, les organisations en Franche Compté concernant le Torball sont en général bien réussies et donc pouvoir impressionner les plus aguerris des manifestations de Torball est encore plus valorisant.

18 équipes présentes à transporter entre gares, hébergement et gymnase, deux salles de sport à gérer, des petits-déjeuners et des repas du midi et du soir au complexe sportif à assurer, toute la logistique à assumer autour de la manifestation, peuvent vite se révéler très lourds et le moindre grain de sable peut déséquilibrer le bon fonctionnement de l’ensemble. Non seulement pas le moindre grain de sable mais le tout a été accompli avec le meilleur des accueils. Voir autant de bénévoles encadrer cette coupe de France était un plaisir et ce même plaisir était décuplé quand ces mêmes bénévoles faisaient preuve de disponibilité et de gentillesse. Il ne manquait rien et nous sommes nombreux en partant le dimanche midi à nous dire : « vivement la prochaine ! ».

Jamais dans ces lignes, les félicitations et les remerciements pour l’organisateur n’ont été aussi sincères. Cette organisation restera une référence pour les futures et il est bien qu’un si grand nombre de clubs en aient pu voir les bienfaits. Dans les satisfécits, remercions aussi tous les arbitres, tables de marque et juges de buts qui ont tant et bien oeuvré pendant cette compétition.

La saison 2014-2015 se termine ainsi sur un bel événement où le plaisir n’était pas que de jouer, il était surtout de participer et de vivre pleinement le Torball. Pourvu que cela dure …